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samedi 28 juin 2014

Days 9 & 10



Aujourd’hui, Vincent va enfin réaliser un de ses rêves : se la jouer Brad Pitt dans « Et au milieu coule une rivière ».
Pour les non cinéphiles, c’est l’histoire d’un mec beau, intelligent et prometteur qui préfère rester comme un gros péquenaud dans son Montana natal et sacrifie ainsi son brillant avenir journalistique par amour de la pêche à la mouche. Il y a aussi une histoire d’amour dans le film mais c’est pas le plus important car le plus important c’est la PECHE A LA MOUCHE !
 
Mais avant tout ça, des trucs qui font moins rêver : la laverie et le fast-food.


 
Aujourd’hui donc, Vincent Petit-Pen'in va vous livrer son avis sur une institution outre-Atlantique, Wendy’s, chaine qui a bâti sa réputation sur des hamburgers « à l’ancienne ». La parole est donc au Lucullus de la graisse saturée :

« Ce n’était pas bon. Le steak n’a aucun gout, l’ensemble est très fade, même la moutarde qui est une bonne idée est très mal étalée. De plus, mettre le burger dans un papier ramollit le pain. Seule la frite est correcte. »

Une fois restauré, Brad Penin s’en va donc louer son matos de pêche dans un magasin spécialisé tenu par, ça ne s’invente pas, un mec qui s’appelle Rod…Le Rod en question est d’une serviabilité et d’une amabilité que nos standards français ne nous permettaient à peine de concevoir.


Déguisé de pied en cap en pêcheur du Montana, l’ami Vincent se rend donc sur les rives de la rivière Madison à l’endroit où ses flots gonflés par la fonte des neiges traversent le canyon de Bear Trap. Il est heureux comme un pape, là, le cul dans l’eau avec son chapeau, à faire des moulinets avec sa canne. Même si aucun poisson n’a mordu et que lui-même s’est fait, par une sorte d’inversion de la chaine alimentaire, entièrement bouffer par les moustiques, il est ravi de sa journée. Guillaume, lui, a préféré profiter de la télé de l’hôtel pour regarder la coupe du Monde et du base-ball auquel il ne comprend (presque) rien.




Le lendemain, Guillaume accompagne Vincent afin de mesurer l’ampleur des progrès accomplis et aussi d’empêcher que notre pêcheur ne soit tenté de passer par une poissonnerie sur le chemin du retour en cas d’insuccès persistant. Guillaume, dont les connaissances en matière de pêche sont fort limitées, doit bien avouer que son compère a un style élégant, à défaut d’être efficace. En effet, malgré une lutte digne de celle de Moby Dick et du capitaine Achab, avec une truite de 20 centimètres, l’ami Vincent se retrouve brocouille en fin de journée (il a emmêlé son fil sur le haut de la canne au plus fort de la bataille et la truite, insuffisamment ferrée, a pu foutre le camp). Malgré tout, Vincent est heureux, il a encore progressé et un jour, il le sait, il arrivera à choper comme Brad Pitt.



C’est donc avec regret que nous quittons Bozeman afin de continuer la route : super ville, c’est coquet, les gens sont sympas, c’est pas trop grand mais y’a tout ce qui faut, d’ailleurs y’a même un supermarché coopératif de produits bio dans lequel nous passons pour acheter des provisions. Y’a plein de produits (même des bretzels et du PQ bio) et aussi une sorte de cafétéria Casino bio. C’est très bon et bio. Quant aux clients ce sont des meufs bien gaulées ou des hippies/pâte à sel. Les caissières, en revanche, font plus supermarché ordinaire puisqu’elles sont plutôt grosses.

Nous taillons la route et quittons le Montana par la vallée de la Gallatin River et repassons par l’Idaho, état dont la devise est « Scenic Idaho, famous potatoes », c’est pas faux. A mesure que nous roulons, nous voyons se dessiner au loin les formes massives de la chaine des Tétons. Nous entrons dans le Wyoming par le col de Téton culminant à 8431 pieds (2570m), sans frein moteur avec leur con de boite automatique, ça fout un peu les jetons. Nous nous arrêtons à Jackson, une station de haute montagne avec plein de touristes et peu de motels bon marché.


A Vulcania, y'a des gros volcans, à Tétonia y'a des gros...

On s’endort paisiblement la tête déjà dans les Tétons, notre prochaine destination.

mardi 24 juin 2014

Day 8

Après la randonnée en montagne, la pêche à la mouche. En effet, nous quittons Glacier pour nous diriger vers le sud du Montana et ses rivières à truites.

La route est monotone avec quelques bonnes lignes droites atterrissant direct dans l'horizon ;  la montagne laisse place à des prairies verdoyantes avec des vaches, des patates et des réserves indiennes.


Nous déjeunons à Helena, ville natale de Gary Cooper, charmante petite bourgade fondée lors de la ruée vers l'or. La rue principale s'appelle Last Chance Gulch (le ravin de la dernière chance) car c'est ici que les prospecteurs en déveine ont finalement trouvé un filon. La ville est coquette, les gens charmants, certains nous saluent dans la rue, sans doute car Guigui ressemble à un gars du coin avec son beau chapeau de cow-boy et sa tronche de Wayne Rooney.



On fait ensuite une pause à Three Forks pour voir le match des US contre les 'Tos. Nous trouvons un bar parfait, américain à souhait : mal éclairé, une barmaid qui ressemble à Martina Navratilova, une demi-douzaine de gars à moitié beurrés le long d'un bar qui fait bien 20 mètres de long, des machines à sous et un juke box avec de la musique qu'a pas traversé l'Atlantique, et enfin notre nouvel ami James, qui travaille six mois par an en Alaska histoire de se faire assez de blé pour picoler dans le Montana le restant de l'année en essayant de  percer dans le "music business". Bref, un type touchant et attachant dans tous les sens du terme (comme souvent les mecs bourrés...).

Nous prenons congés de James, non sans lui avoir payé un dernière coup, et descendons à Bozeman au Lewis & Clark Motel, ainsi nommé en hommage à deux types qu'ont fait un voyage un peu comme nous mais sans bagnole. C'est un joli motel des années 70 très mal insonorisé qui nous plait immédiatement.

Un lobby un peu chargé
Le soir, nous savourons notre premier steak (succulent), malheureusement le vin n'est pas à la hauteur. Bon globalement, le vin qu'on trouve dans les bars aux US c'est pas très intéressant et cher, donc un bon conseil, préférez la bière!

The strong silent type





lundi 23 juin 2014

Days 6 & 7



Il fait beau et c’est tout guilleret que nous entrons dans Glacier NP, Glacier c'est un parc dans les montagnes avec des glaciers comme son nom l'indique.

Bon, on se heurte à un premier problème d'entrée de jeu : toute la flotte tombée sur Seattle, ça fait de la neige ici et à cause de ça la « going to the sun road » qui traverse le parc est  fermée…donc non seulement on manque un « scenic drive » comme on dit ici mais en plus faut qu’on se tape un détour pour faire le tour du parc…qu’à cela ne tienne, on aime bien conduire…

Après une nouvelle route fermée et un nouveau détour, on arrive à notre camp de base, le campground public des pouilleux, sans douche mais pas cher (20 dollars la nuit). On plante la tente et zou on part voir le match contre la Suisse dans un hôtel qui s'avère être de style tyrolo-suisse.

Un honnête campeur français acquittant spontanément le prix de son emplacement

Un bien beau campement
On fête le résultat en arrosant nos sandwichs au cervelas avec de la bonne bière de la montagne « la going to the sun beer ». L’ivresse de la victoire et l’ivresse tout court nous donnant des ailes, c’est sans attendre que nous partons à l’assaut de la montagne. Il est déjà 16 heures,  pas une minute à perdre ! Les glaciers ne vont pas nous attendre pour fondre !

Pour la description des paysages splendides du parc, on va laisser parler les photos hein c’est mieux, tellement c’est beau.

Le mont Barbara Gould (à gauche)
 Notre ascension du jour est malheureusement écourtée au bout d’une heure ou deux par les conditions météo, trop de neige, on aperçoit tout de même  le glacier de Grinnel. Mais c’est quand même avec regret que nos Herzog et  Lachenal de carnaval rebroussent chemin.
 
Un trachéodindon


Le lac de Grinnel


Le glacier de Grinnel (en haut à droite)

Bon, on rentre au camping

On s’offre un délicieux repas de campeur (ou de clochard, c’est selon mais c’est un peu pareil, un clochard en définitive c’est un campeur contraint).

Le vendredi, c'est ravioli

Nous nous effondrons dans nos sacs de couchage, le vent hurle à l’extérieur de notre précaire abri (et aussi un peu à l’intérieur car on a une tente à même pas 50 dollars). Au petit jour, nous sommes comme des Mister Freeze dans des sacs Quechua. Guillaume échappe à l’hypothermie grâce à son jogging H&M et son pull Saint James.

Le temps de reconstituer nos forces avec un solide petit déjeuner et nous partons pour Cracker Lake, une petite vingtaine de kilomètres. Nous traversons à deux reprises une rivière dont le pont est trop court, ça fait froid les pieds.


Ce qui fait froid aussi, c’est la tonne de neige qui recouvre le sentier jusqu’à le rendre impraticable mais bon ça vaut le coup car au fond de la vallée glaciaire s’étend le Cracker Lake à l’eau bleu turquoise, surplombé par la masse imposante du Mont Siyeh et son mur de 4000 pieds, le plus haut d’Amérique du Nord.


Le mont Siyeh, plus de 3000 m (à gauche)

Le lac Cracker

Tiens un ours des montagnes, ah non c'est Guillaume en fait

Cracker selfie

Après une petite sieste au soleil en compagnie de marmottes-écureuils, nous prenons un peu de hauteur afin de mieux profiter du panorama. C’est aussi à ce moment qu’on se dit qu’on aurait p’têt’ pu mettre de la crème soleil, mais le mal est déjà fait, tout notre côté gauche est carbonisé, Guigui ressemble à un Babibel à moitié déballé.

Une écumotte



Nous redescendons tout de même ravis de notre journée. On s’arrête pour l’apéro à l’hôtel Suisse puis on rentre à notre camping. On souffre moins du froid cette nuit-là, Vincent grâce à sa couverture nouvellement acquise et Guillaume grâce aux radiations de ses coups de soleil.

Ainsi s’achèvent nos deux jours à Glacier et on peut vous dire qu’on en a encore plein les yeux (et les jambes).

Tchüss les amis,